• L’équipe 1: Groupe de recherche d’histoire et des mouvements sociaux Les objectifs d’ensemble que s’assigne la présente équipe étant d’étudier et d’analyser les évolutions et les tendances « lourdes » qu’a connues la société algérienne depuis l’indépendance, et d’essayer de mettre au jour les avancées et/ ou les reculs enregistrés en matière de progrès social, économique et scientifique.
  • L’équipe 2: Equipe de recherche sur la sociologie et les politiques du développement durable Le thème du développement durable, celui de la mondialisation et des changements qui s’opèrent au niveau des superstructures économiques de l’ordre mondial auquel notre pays est tributaire, figurent parmi les objectifs, entre autres, auxquels s’attèlent les membres de cette équipe.
  • L’Equipe 3: Groupe d’études des conduites sociologiques dans l’Algérie contemporaine Les objectifs de cette équipe cadrent tout à fait avec la perspective du présent laboratoire. Constituée de jeunes femmes dynamiques et fortement motivées par le devenir de la société et de la famille algériennes, cette équipe se donne pour objectif d’étudier les nouvelles formes de sociabilité...
  • L’Equipe 4: Equipe de recherche et de reconstitution de l’histoire de la résistance nationale La présente équipe se donne pour objectifs et missions d’étudier d’un point de vue à la fois diachronique et synchronique l’histoire nationale, ancienne et moderne, de manière à restituer les faits historiques et les facteurs qui ont contribué, à travers le temps,...

DOSSIER COLLOQUE INTERNATIONAL Décembre 2013

Album photos COLLOQUE INTERNATIONAL 12/2013

Le plagiat et ses effets néfastes

Écrit par Super User.

 Ahmed Rouadjia. Professeur d’histoire et de sociologie politique, Université de M’sila

Il n’y a pas de mécanisme de contrôle et de sanctions

- Il est désormais de notoriété publique que le plagiat est un phénomène quasi banal dans l’université algérienne. Réellement quelle proportion a-t-il pris aujourd’hui ?

 

Il est très difficile de fournir un taux précis à ce propos tant qu’aucune enquête officielle ou indépendante n’aura pas été entreprise. En revanche, on peut faire une estimation globale en nous fondant sur des recoupements et des indices très divers, notamment la lecture attentive des mémoires de magistère et de thèse, en sciences sociales et humaines en particulier, soutenus dans certaines universités algériennes (Constantine, Batna, Alger, Biskra, M’sila…), où le plagiat saute aux yeux à travers la compilation, le remplissage, les emprunts évidents de concepts et de notions théoriques à des auteurs très connus et aussi à travers de longs paragraphes rédigés dans un style soutenu, pendant que d’autres paragraphes sont rédigés dans une langue, lâche, «boiteuse», ou quasiment confuse.

Ce chevauchement de styles et de modes d’écriture divers, joint à l’empilement de longues propositions contradictoires et équivoques, voire absconses, voilà qui témoigne encore du recours au plagiat dans les travaux universitaires que nous avons pu observer. Ce plagiat se repère aussi à «l’oral» : quand vous avez affaire à un enseignant qui se présente d’emblée à vous non sans quelque hauteur comme «douctour» ou professeur, alors qu’il ne sait pas aligner une seule phrase de manière articulée, logique, vous déduisez immédiatement que cette personne n’a de docteur ou de professeur que le nom…

 - Vous soutenez que la «triche scientifique» est plus dangereuse que l’intégrisme religieux. Pouvez-vous nous en expliquer la raison.

 Oui. Car voler le fruit d’autrui ressort non seulement d’une conduite malhonnête contraire à l’éthique, mais aussi d’un acte paresseux. Et comme la paresse se dispense de l’effort intellectuel, il s’ensuit un résultat plus que médiocre, lequel conduit à l’ignorance, mère de toutes les bêtises.

Lorsque vous avez affaire à un pseudo «doctour ou brofesseur» imbu de vanité, bourré de préjugés et d’ignorance crasse, vous ne pouvez pas attendre de lui qu’il transmette à ses élèves un savoir dépouillé de ses poncifs et de ses scories, mais un enseignement propre à faire de lui un futur «terroriste». Car l’ignorance qui est imperméable à la raison ne saurait produire autre chose que la violence aveugle… C’est en ce sens que le plagiat est plus dangereux que l’intégrisme religieux dans la mesure où il sécrète l’ignorance et la propage bien plus que ne le fait ce dernier…

 - Qu’est-ce qui a fait que ce phénomène a pris une telle ampleur ?

 La faiblesse éducative, en amont des institutions scolaires nationales, se répercute négativement sur l’aval (l’université). A ce défaut s’ajoute l’absence des mécanismes de

contrôle et de sanctions, en dépit de l’existence théorique des chartes d’éthique et de déontologie ainsi que des conseils de discipline à tous les niveaux ou presque des institutions éducatives du pays.

La troisième cause de la propagation de ce phénomène, qui dérive des deux précédentes causes, réside dans le laxisme non pas seulement de la tutelle, accusée parfois à tort d’en être l’unique responsable, mais des universitaires qui ferment les yeux sur ce phénomène quand ils ne l’encouragent pas eux-mêmes de manière détournée. Mais comment, diriez-vous ?

Cette incitation au «copier-coller» se manifeste avec relief lorsque l’enseignant demande à ses étudiants de faire des exposés sur des sujets déterminés à partir d’internet ou de ses «propres livres» farcis eux-mêmes d’un bout à l’autre de plagiat… C’est là que gît l’ampleur du phénomène.

 - S’agissant des publications scientifiques dans des revues payantes mais sans réel ancrage scientifique, il devrait y avoir une commission d’évaluation installée par le ministère. Qu’en est-il ?

 Sous l’impulsion de la tutelle, la DG-RSDT que préside le professeur en physique Hafid Aourag tente, depuis quelque temps, de combattre à sa manière ce fléau que représentent les revues payantes. Et une commission a été justement constituée pour déterminer quelles sont les revues répondant — ou non — aux critères scientifiques. Je n’ai pas suivi de près les travaux de cette commission dont les membres ont été désignés, mais ce que je sais, en revanche, c’est qu’il y a une volonté certaine de la part de nombre de responsables ministériels de rompre avec ces pratiques qui ne rendent pas service au pays et le déshonorent même…

Mais ces volontés, il faut bien le noter sont constamment contrariées par les forces d’inertie ambiantes, y compris par une bonne partie des universitaires du pays pour qui seul le trafic des registres, comme le plagiat, pourrait leur assurer une promotion rapide et à moindre coût… Surcharger la tutelle de tous les maux dont souffre l’université algérienne, c’est disculper ces universitaires paresseux, c’est les laver de tout soupçon, c’est leur donner un quitus de bonne conduite ! C’est oublier qu’ils ont une grande part de responsabilité dans la dégringolade de l’université !

Propos recueillis par Samir Azzoug

Source: El watan

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