• L’équipe 1: Groupe de recherche d’histoire et des mouvements sociaux Les objectifs d’ensemble que s’assigne la présente équipe étant d’étudier et d’analyser les évolutions et les tendances « lourdes » qu’a connues la société algérienne depuis l’indépendance, et d’essayer de mettre au jour les avancées et/ ou les reculs enregistrés en matière de progrès social, économique et scientifique.
  • L’équipe 2: Equipe de recherche sur la sociologie et les politiques du développement durable Le thème du développement durable, celui de la mondialisation et des changements qui s’opèrent au niveau des superstructures économiques de l’ordre mondial auquel notre pays est tributaire, figurent parmi les objectifs, entre autres, auxquels s’attèlent les membres de cette équipe.
  • L’Equipe 3: Groupe d’études des conduites sociologiques dans l’Algérie contemporaine Les objectifs de cette équipe cadrent tout à fait avec la perspective du présent laboratoire. Constituée de jeunes femmes dynamiques et fortement motivées par le devenir de la société et de la famille algériennes, cette équipe se donne pour objectif d’étudier les nouvelles formes de sociabilité...
  • L’Equipe 4: Equipe de recherche et de reconstitution de l’histoire de la résistance nationale La présente équipe se donne pour objectifs et missions d’étudier d’un point de vue à la fois diachronique et synchronique l’histoire nationale, ancienne et moderne, de manière à restituer les faits historiques et les facteurs qui ont contribué, à travers le temps,...

DOSSIER COLLOQUE INTERNATIONAL Décembre 2013

Album photos COLLOQUE INTERNATIONAL 12/2013

Deux journées d’exposés et de débats consacrés au rôle capital imparti à l’université dans le développement d’un pays donné

Écrit par Super User.

Le laboratoire d’Etude Historique, Sociologique et des Changements Socio- Economique de l’Université Mohamed Boudiaf de M’sila a reçu les 13 et 14 novembre deux chercheurs étrangers à l’invitation de M. Ahmed ROUADJIA, directeur du laboratoire précité, chercheurs dont l’objet d’intervention a porté sur le rôle de la recherche et de l’enseignement dans le développement économique et social d’un pays donné. Les deux chercheurs conviés à faire leurs exposés respectifs devant les étudiants de masters et de doctorats étaient Maya KHALED HADDAD et Jean-Baptiste MEYER.

Maya Khaled Haddad

Maya Khaled Haddad, Maître de Conférences en linguistique et coordinatrice régionale de l’Université libanaise, nous vient de l’Université libanaise (Beyrouth) et dont l’exposé a eu pour titre : « L’université et la recherche scientifique à l’heure de la mondialisation ». Sous ce titre, la chercheuse s’est proposée d’expliquer à ses auditeurs que dans un monde plus que jamais « mondialisé », interdépendant et aux économies imbriquées les unes dans les autres, la connaissance des langues, la mobilité des étudiants et des chercheurs en vue de la quête du savoir et des connaissances, deviennent d’autant plus essentielles        qu’ils conditionnent le développement et la prospérité des nations…

Pour inciter les étudiants, notamment les monolingues, à apprendre au moins une langue étrangère en sus de la langue arabe afin qu’ils puissent se mettre au diapason de la mondialisation qui implique la circulation des hommes, des idées et des savoirs tous azimuts, la chercheuse a pris l’exemple de son pays-le Liban- en montrant que les étudiants et les chercheurs de ce pays sont sinon polyglottes, du moins très enclins à l’apprentissage des langues étrangères…Qu’ils n’ont pas de complexe à ce propos, au contraire, car la maîtrise de deux ou de plusieurs langues est un atout de taille pour celles et ceux qui désirent développer leur savoir en s’arrimant  à la modernité….

 

Les réactions des étudiants…

 Si beaucoup d’étudiants présents dans l’amphi ont partagé le point de vue de la chercheuse, une minorité d’entre eux s’est cependant refusée à faire sienne cette approche qu’elle trouve « mauvaise » en ce qu’elle porterait atteinte à la langue arabe, à sa « souveraineté » et à sa « dignité » de langue « nationale ». Au nom de ces principes, joint au caractère sacré de la langue du Coran, ces étudiants qui répugnent à apprendre les langues étrangères, et notamment la langue française qu’ils associent au « colonialisme français », pensent pouvoir se passer de toutes ces langues qui seraient inutiles, superflues…

 

    

 

 

 Jean –Baptiste MEYER.

 Directeur de recherches à l’IRD (l’Institut de recherche pour le développement) et membre du Laboratoire Population Environnement Développement (LEPED), M. MEYER a abordé, quant à lui la question de « L’internationalisation de l’enseignement supérieur » qui implique plus que jamais, selon lui, la mobilité des étudiants, l’apprentissage des langues,  le perfectionnement des méthodes de recherche par le biais de l’accompagnement  des doctorats, la quête de la qualité plutôt  que celle de la quantité, etc.

     

Pour montrer que l’enseignement supérieur en Algérie n’est pas indépendant du contexte international,  M. Meyer a fait un exposé fort bien  documenté ( chiffres et tableaux à l’appui) concernant l’Algérie où l’on peut lire la massification de l’enseignement qui témoigne  d’un progrès relatif certain accompli en la matière par les pouvoirs publics en termes d’investissements, mais ces progrès quantitatifs  ne sont pas toujours accompagnés de progrès qualitatifs…Pour que l’Algérie ne reste pas à la traîne des nations et du mouvement de mondialisation, et pour qu’elle comble les retards qui la séparent des pays développés en fait d’éducation, de savoir et de compétence, elle devrait, insiste-t-il, mettre l’accent sur un encadrement pédagogique et scientifique de qualité.

Au regard de cette massification et de l’accroissement démographique, l’Algérie doit, par ailleurs, s’attendre dans les trente cinq années  à venir à un accroissement substantiel des demandes de besoins à satisfaire, tels que l’éducation, l’emploi, la santé, l’eau, l’alimentation tant en eau qu’en produits de la terre, etc. Pour faire face à toutes ces demandes sans cesse croissante, une politique d’anticipation et de prévoyance s’impose donc afin que le pays ne soit un jour objet de surprises et de soubresauts …

 

L’Algérie ne saurait faire l’économie du savoir, des compétences. Or, un enseignement supérieur de qualité est l’une des conditions sine qua non de la modernisation de son économie, de son outil industriel et de son arrimage au monde moderne caractérisé par la compétitivité  et l’excellence des produits tant intellectuels qu’industriels et agricoles.

 

Jean- Baptiste MEYER préconise donc, pour l’Algérie, plusieurs choses :

-une formation de qualité qui passe par l’accompagnement méthodologique et le suivi des doctorats ;

-une mobilité  multilatérale des étudiants (départ et séjour d’étudiants algériens dans des pays étrangers et réception d’étudiants étrangers en Algérie..) ;

- développement d’écoles doctorales susceptibles de capter les meilleurs étudiants ;

-nécessité d’instituer un système de sélection basé sur des critères d’excellence et non sur des critères fondés sur le clientélisme, le népotisme ou la cooptation…

 

 

Les compétences et le savoir-faire comme substitut aux déficits des richesses matérielles…

 Jean- Baptiste MEYER  a présenté les grandes lignes de sa pensée devant un public d’étudiants totalement ou quasi arabophone, et j’en suis le traducteur « attitré ». Mais l’adage bien connu  dit nettement que : « traduire, c’est trahir », et pourtant il m’a semblé que le message essentiel de son intervention ait été fidèlement transmis, puisque les étudiants se sont montrés d’autant plus attentifs et concentrés qu’ils n’ont pas manqué de poser des questions à l’orateur…Avec quelques mots  de dardjâ ( arabe dialectal) qu’il a appris durant son court séjour algérois, joints au français académique et au renfort du traducteur que je suis,  M. MEYER a pu se faire comprendre par les étudiants qui se sont montré avides de connaissances et de savoirs. En le paraphrasant ( ce qui est une manière de trahir quelque peu sa pensée), MEYER a dit a peu près ceci aux étudiants : le savoir et les compétences que détient une nation pourraient compenser la pauvreté ou les insuffisances de ses ressources naturelles. Il en est des nations comme des individus, le savoir est à la fois un moyen et un pouvoir de transformer le monde et de l’ « asservir » selon ses besoins…

 

Lors de la crise pétrolière mondiale de 1973-1974, lorsque l’OPEP, avait augmenté de façon substantielle le prix du baril du pétrole, et que l’Europe était entrée en crise, les Français avaient lancé alors ce trait d’humour intelligent  en manière de défi: « Vous avez le pétrole, nous avons les idées », ou ce qui revient au même « Nous avons les idées et vous le pétrole », et qui dit idées dit en l’occurrence savoir, et  compétences qui permettraient de se passer du pétrole et de trouver des solutions de rechange…C’est en ce sens qu’il faudrait entendre l’exposé de M. MEYER pour qui la mondialisation suppose, entre autres, l’internationalisation de l’enseignement supérieur, et partant la mobilité des étudiants, la quête du savoir où il se trouve, les échanges culturels et linguistiques, l’ouverture sur l’Autre…Cette internationalisation de l’enseignement supérieur ne doit pas être entendue comme étant une approche  unilatérale, mais multilatérale et qui s’impose comme processus inévitable de la marche de l’histoire ; imposée par les contraintes et les rapports de force politiques planétaires, cette internationalisation « des hommes et des capitaux » tant économiques que culturels s’inscrit dans un processus irréversible d’unification et d’uniformisation relatives des modes de pensée, d’agir, de consommer et de se vêtir…à l’échelle mondiale…

 

 Les échos des étudiants

 Suite à un petit « sondage » auprès des étudiants, il ressort que ceux-ci ont été pleinement satisfaits de l’exposé et disent avoir appris beaucoup de choses en écoutant  « le cheikh » qu’ils souhaiteraient revoir et entendre. Ils aimeraient que de tels séminaires/débats se renouvellent afin qu’ils puissent enrichir leur connaissance en aiguisant leur curiosité. Ils répètent en chœur que ce qu’ils leur manque à l’université de M’Sila, c’est ce genre de rencontre où les étudiants peuvent entendre et poser en même temps des questions qui est souhaité, chose impossible dans un colloque réputé « national » ou international où la parole n’est permise qu’aux communicants…

 

Ahmed ROUADJIA

 

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